■■■■■■ Les milieux aquatiques

►►► La biodiversité :

Vallée de l'Adour de Gripp - SCRIPT

La haute vallée de l'Adour est constituée d'un ensemble de sites remarquables et protégés formant un patrimoine riche et de grand intérêt. Le classement de ces milieux en arrêtés de biotope, ZNIEFF, Natura 2000, Parc National des Pyrénées Occidentales et SDAGE Adour Garonne permettent leur protection et celle de la biodiversité animale et végétale qui s'y trouve . La liste de ces zonages est consultable sur le site de la DIREN Midi-Pyrénées.
Sur l'ensemble du haut bassin de l'Adour, la rivière se distingue par trois secteurs présentant des caractéristiques écologiques bien spécifiques:
- Le secteur torrentiel: Il correspond à l'amont (Adour de Payolle, Adour de Gripp et Adour de Lesponne). Il s'agit de rivières à forte pente (> 2%) avec un lit étroit et stable où s'alternent des zones de cascades et de gorges avec des zones d'atterrissement de graviers et de galets. Ce sont des rivières salmonicoles de relativement bonne qualité mais dont la productivité piscicole est réduite par la rigueur du milieu.
- Le secteur montagnard: Il correspond à la partie située entre Campan et Bagnères. Il s'agit de rivières à pente encore forte (<1 %). Leur lit est stable et localement encaissé. Il comporte de nombreux atterrissements et un début d'anthropisation est visible (cultures, rejets, …). Ce sont des rivières salmonicoles de grands intérêts (peuplements dense et bonne productivité) avec d'importantes zones de frayères.
- Le secteur des saligues pré-montagnardes: Il correspond à la zone avale du territoire, entre Bagnères-de-Bigorre et Tarbes. Il se caractérise par un cours d'eau dont le lit est divaguant et évolue rapidement. Le lit majeur est large et le substrat constitué de graviers et de galets. La nappe alluviale est importante. La végétation est diversifiée et dense, elle sert de refuge à une faune et une avifaune variée et intéressante. Cette zone poissonneuse (300kg/ha), fait partie des cinq rivières les plus riches du département.

L'ensemble des cours d'eau jaillissant de la haute vallée sont bordés de forêts, d'arbres d'alignements, de prairies et de champs cultivés. La végétation s'organise en écosystèmes successifs et change progressivement selon l'altitude, l'exposition au soleil et la situation géographique des versants.
Ces différents milieux sont propices à de nombreuses espèces animales. Le Desman des Pyrénées s'observe au dessus de 1000 mètres d'altitude. Sur l'Oussouet, il est présent à partir de 550 mètres. Les cingles plongeurs, les rouges-queues à front blanc, les grives, les alouettes, les roitelets, les mésanges, le martin pêcheur, le héron cendré le grand tétras et des rapaces (milan noir) sont les oiseaux sont présents. Puis, les grands mammifères apparaissent comme les isards, le mouflon, le chevreuil, le sanglier, le cerf, les mustélidés (loutres, blaireau…), le vison d'Amérique et le vison d'Europe.
De l'amont vers l'aval, les espèces importées sont de plus en plus nombreuses alors que les espèces indigènes se raréfient. L'artificialisation du milieu et sa dégradation s'intensifient sous la pression urbaine.
L'urbanisation induit de fortes pressions sur la végétation des cours d'eau. C'est ainsi, que des espèces ornementales utilisées autrefois pour les jardins, comme la Renouée du Japon, la clématite, la balsamine de l'Himalaya ou encore le Buddleia, ont colonisé à outrance les rives des cours d'eau. Elles empêchent la végétation autochtone de se développer. Ces espèces envahissantes nuisent au bon équilibre des écosystèmes présents sur les rives (baisse de la biodiversité, mauvais maintient des berges, diminution de la capacité d'épuration de l'eau).

Le Desman des Pyrénées - Franck
Desman des Pyrénées                  

►►► La faune piscicole

Truite fario - SMHMA

Autrefois, le fleuve était fréquenté par des espèces migratrices colonisant la façade Atlantique. La multiplication des barrages et la dégradation du milieu aquatique sont les raisons de la disparition progressive des amphihalins (poisson vivant alternativement en eau douce et en eau de mer).
Sur tout le territoire du Contrat de Rivière du Haut Adour, l'Adour est classé en première catégorie piscicole (cours d'eau abritant majoritairement les salmonidés).
Le territoire du Contrat de Rivière du Haut Adour compte les habitats les plus riches et les plus variés du département. Entre la zone de montagne et Tarbes, l'Adour passe progressivement des zones à truites (secteur montagnard, blocs de galets et graviers) aux zones à ombres (pied de montagne ou vallée, fond caillouteux).
Le Conseil Supérieur de la Pêche a réalisé entre 1986 et 1993 des pêches électriques qui ont permis d'établir un bilan sur les peuplements piscicoles. Les espèces recensées sont la perche arc en ciel, la truite fario, l'omble de fontaine, le vairon, le chabot, la loche et la lamproie de planer.
L'Adour est un cours d'eau classé au titre du franchissement des migrateurs (article L232-6 du Code Rural). C'est-à-dire, que tout nouvel ouvrage sur le cours d'eau doit être équipé d'un dispositif assurant la libre circulation des poissons migrateurs.
Dans le contexte réglementaire du SDAGE Adour Garonne, les barrages situés sur les "axe bleu" (cours d'eau prioritaire pour la mise en place de ce programme), doivent être équipé d'un dispositif assurant la circulation des poissons migrateurs. Ce programme de restauration comprend l'équipement des obstacles, l'amélioration de l'habitat des espèces, le suivi de population, et l'information au grand public. Le contrat de rivière accompagné des associations de pêche locales tentent de mettre en œuvre ces actions en cohérence avec les actions déjà entreprises dans le cadre des contrats Etat-Région qui portent sur l'équipement des principaux obstacles recensés.
Le territoire du Contrat de Rivière du Haut Adour comptabilise 38 seuils, dont la moitié est considérée infranchissable par les poissons. L'objectif de ce volet est d'équiper les seuils qui entravent la libre circulation des poissons migrateurs.

►►► La restauration et l'entretien des Adours

Afin d'améliorer la gestion du cours d'eau sur le territoire du contrat de rivière, un technicien rivière supervise le programme les travaux d'entretien et de réhabilitation.
A l'issu des cinq premières années du contrat de rivière, les axes majeurs des cours d'eau du territoire ont été restaurés.
La gestion des cours d'eau s'appuie sur la réouverture de l'ensemble des annexes fluviatiles (bras secondaire du fleuve) et la conservation de la biodiversité. L'objectif étant d'aider le cours d'eau à reprendre son parcours naturel pour lui permettre de mieux se disperser lors d'évènements pluviométriques importants et de limiter la pression des courants sur les berges.

Les travaux de restauration entrepris sur l'Adour et ses affluents intègrent plusieurs types d'actions:
résorption des décharges sauvages,
restauration des berges et de la ripisylve par des coupes sélectives,
mise en place de caches à poissons expérimentales,
traitement des espèces envahissantes (Renouée du Japon),
travaux de dynamique fluviale (atterrissement, annexes fluviatiles),
maintient des possibilités de divagation des cours d'eau,
contrôle de fréquentation humaine pour préserver le milieu et la biodiversité,
équipement des ouvrages et seuils pour la libre circulation des poissons migrateurs.

Téléchargement : 10 Fiches des travaux de rivière

Seuil du Trassouet à Campan - SMHMA

Ruisseau de Labassère -SMHMA

Les eaux de surface sont des milieux naturels normalement riches et diversifiés. La pression humaine due à l'urbanisation, aux travaux de drainage et de remblaiement pratiqués ont accentué les phénomènes d'inondation. L'observation des ces catastrophes sur le territoire a permis de rappeler que les crues sont des événements naturels dus à la combinaison de fortes précipitations et aux fontes des neiges, sur lesquels l'Homme ne peut intervenir. Les lourds travaux d'hydrauliques (digue, suppression des zones humides et chenalisation des cours d'eau) ont eu des conséquences souvent préjudiciables sur les équilibres naturels. Les zones d'expansion du fleuve et les zones de stockage naturelles des eaux servent à absorber les quantités excessives d'eau.
Ainsi, les procédés utilisés pour la restauration des cours d'eau du Haut Adour s'orientent vers des techniques douces pour respecter l'évolution naturelle du fleuve. Des techniques de génie végétal (l'utilisation de plantes pour la protection et la stabilisation des sols) ou de génie mixte (combinaison de techniques du génie végétal et du génie civil) sont également utilisées.

►►► L'étude d'espace de mobilité de l'Adour

Ce fleuve de type montagnard possède un régime hydrologique pluvio-nival. C'est-à-dire que son alimentation en eau se base sur les précipitations tombées pour les périodes d'automne et d'hiver. Ensuite, quand vient le printemps, son débit augmente par la fonte des neiges, ce qui permet également de retarder l'étiage jusqu'au mois de juillet.
L'Adour connaît alors des crues avec des débits journaliers allant jusqu'à 170m3 / sec et des étiages jusqu'à 3m3 / sec sur le territoire du Haut Adour. En 1875, une partie des habitants de la ville de Bagnères-de-Bigorre, a subi une crue historique, qui s'est répercutée largement en aval. La dernière crue d'ampleur décennale (période de retour de 10 ans) date de mars 2003.
Pour favoriser le fonctionnement normal du cours d'eau afin de limiter les risques et les dommages sur les zones vulnérables (urbanisation, ouvrages…), les modes de gestion se sont orientés vers des démarches de restauration des phénomènes de régulation naturelle propre à la dynamique d'un cours d'eau: la mobilité des cours d'eau.

La mobilité du lit d'un cours d'eau résulte des processus par lesquels il dissipe son énergie en :
érodant les berges ou le fond de son lit,
en mobilisant les sédiments qui constituent les bancs et les galets,
en transportant les alluvions,
en développant sa sinuosité.

L' Adour à Bagnères de Bigorre - OT Bagnères-de-Bigorre

L'Adour - SMHMA

Le SDAGE définit l'espace de mobilité comme "L'espace du lit majeur, à l'intérieur duquel le ou les chenaux fluviaux assurent des translations latérales pour permettre un mobilisation des sédiments ainsi qu'un fonctionnement optimum des écosystèmes aquatiques et terrestres". Le SDAGE appuie sur la nécessité de restaurer les phénomènes de régulation naturelle qui caractérise la dynamique fluviale d'un cours d'eau à lit mobile. Voir : la coupe d'un cours d'eau
Le principe de la gestion de l'espace de mobilité de l'Adour se base sur la gestion de deux périmètres établi autour du cours d'eau :
Le périmètre de mobilité fonctionnelle permet d'identifier les passages d'eau empruntés par le fleuve depuis plusieurs siècles. Il correspond en général au lit majeur.
Le périmètre de mobilité admissible est celui où la gestion va permettre une certaine divagation du fleuve afin que celui-ci reprenne sa dynamique fluviale naturelle. Ce périmètre est toutefois soumis aux enjeux territoriaux (sécurité publique, érosion des parcelles riveraines, urbanisation, infrastructures, équipements, captage AEP…)
Le Contrat de Rivière du Haut Adour souhaite adapter ces démarches innovantes sur le territoire. Les techniques de gestion utilisées sur les Adours permettent de valoriser l'ensemble de ces milieux aquatiques tout en assurant la sécurité des biens et des personnes riverains.
Une attention particulière est portée aux dérivations de l'Adour, car celles-ci présentent un intérêt piscicole (zone de frayère et de refuge) et un intérêt patrimonial (paysage représentatif de la vallée).

Syndicat Mixte du Haut et Moyen Adour - Parc d'activités Dominique Soulé - 33, avenue du Général Leclerc -
65200 BAGNERES-DE-BIGORRE - Tél./Fax : 05.62.95.11.14 - Mail